2006/03/02

Le bouilleur, le bouilli et le bouillant

Pardonnez-moi chers lecteurs mon absence mais j'avais un examen mercredi soir et j'ai dû étudié une bonne partie du début de la semaine et en plus, c'est la semaine de relâche pour les enfants. J'espère que je suis pardonné. François, est-ce que je suis pardonné?

Voilà qui est fait.

Dans la dernière semaine, j'ai eu l'occasion de me faire ou de me défaire une opinion sur trois personnalités québécoises.

Normand Brathwaite
Bien qu'au début de la rédaction de ce blogue, j'ai pu avoir des commentaires désobligeants à son égard, son apparition à Tout le monde en parle m'a plutôt montré ce personnage sous un jour nouveau. Il m'est apparu plutôt sympathique, drôle, désarçonnant, candide, simple à la limite. Et assez porté sur la bouteille. J'aime ça. Mais il reste que malheureusement dans les pubs de Belle et Bum, il continue de m'énarver...

Guy A.Lepage
Je ne sais pas quoi penser. Je l'ai trouvé sympathique au début de son interview avec Richard Martineau (aux Francs-Tireurs) mais plus le show avançait et l'eau était chaude dans la marmite, plus le roi des ondes m'apparaissait suffisant et calme. Est-ce que le fait de rester calme pendant qu'on se fait bombarder de questions chiennes est un vilain défaut? Jusqu'à un certain point oui. Il avait réponse à tout et il avait l'air au dessus de ses affaires. Comme si il se crissait complètement de l'opinion qu'on pouvait se faire de lui. Comme s'il jouait un rôle, celui de Thierry Ardisson.

Ils ont montré un extrait de RBO et tout ce que je peux dire c'est que je m'ennuie du Guy A. irrévérencieux, railleur, qui ne se prenait pas trop au sérieux. D'ailleurs, quand il a repris Martineau au sujet de l' ''oubli'' de RBO dans sa liste de succès télévisés, j'ai trouvé drôle d'entendre Lepage dire ''j'ai aussi fait RBO'', comme s'il était le seul responsable des succès. C'est peut-être seulement un lapsus mais ça montre où est rendu le personnage.

À propos de cet interview mercredi soir, mon Dieu qu'il est difficile pour un intervieweur d'être interviewé. C'est un jeu de chat et de souris incessant qui donne de la très mauvaise télé. Le eur essaie de pogner le é en défaut tandis que le é dit presque au eur comment faire son entrevue. Ajoutons à ça deux égos gonflés à bloc et blessés dans leur orgueil, ça donne Lepage et Martineau. Ou bien Fillion et Lepage avec les bienfaits d'un montage complaisant.

Thomas Mulcair
Les journalistes parlementaires me font quelquefois penser aux journalistes qui couvrent le Canadien de Montréal. Leur chauvinisme transpire souvent leurs articles et leurs commentaires. Avant le remaniement ministériel de cette semaine, on ne pouvait jamais lire ''bouillant'' et ''Mulcair'' dans la même phrase, même au plus fort de la crise opposant Mulcair à son homologue fédéral Stéphane Dion en décembre Mais maintenant que Mulcair s'est fait éjecter du Conseil des ministres, on admire son caractère et son tempérament et on cite même ses réalisations.
On dirait que le nouvelle, le lectorat, le flash, priment sur le bon sens. Maintenant que la nouvelle est tombée, tout le monde essaie de trouver des excuses et des raisons à ce qui s'est passé. Mulcair s'opposait à Charest et les promoteurs du Mont-Orford? Je suis d'accord mais pourquoi attendre que le ministre de l'Environnement soit limogé pour circuler la nouvelle ou l'explication ou le commentaire, appelez-ça comme vous voulez?
Ça me fait penser à la saga Patrick Roy. Dans la semaine infernale qui suivit l'échange, on a appris entre autres que Roy s'était battu avec son coéquipier Mathieu Schneider dans l'avion à Philadelphie, la raison demeurant inconnue (wink-wink).
Ceci étant dit. Pour moi, Thomas Mulcair était un communicateur efficace mais il a été victime des exigences du poste qu'il occupait, comme l'ont affirmé Michel Auger dans le JdeM et Louis-Gilles Francoeur à Indicatif présent. Par contre, Jean Charest aurait bien pu lui offrir autre chose qu'un parachute en plomb à son seul ministre anglophone high profile. Keep your friends close but keep your enemies closer. C'est surtout vrai en politique.

ps Bouilleur (selon le Petit Robert): Personne qui distille une substance alcoolisée (vin, cidre) ou des fruits, des grains, pour obtenir de l'eau-de-vie.

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